CHEVALERIE

 ( Extrait du lien  http://ivn.chez.com )

 

 

 

Généralités

 Rituel de l'entrée en vasselage

 Devoir du vassal

 Les Chevaliers

                                                                                             

Généralités

Féodalité : liens qui unissent le vassal à son suzerain (l'hommage et le fief).
Le vassal engage sa personne, sa foi et sa fidélité au service d'un homme qui, en échange, lui promet protection et assure sa subsistance par l'octroi d'un fief.

La chevalerie est un des cadres de l'organisation de l'aristocratie militaire en un ordre où l'on entre par cooptation personnelle. Elle est au XI° siècle la réplique de l'émergence de nouveaux pouvoirs économiques et sociaux, liés à la renaissance commerciale et à la croissance urbaine.

Le chevalier est alors celui qui a les moyens d'entretenir chevaux et armes, qui a la vigueur et l'expérience nécessaires pour le combat. On y retrouve les anciennes familles des grands de l'époque carolingienne (souvent détentrices des pouvoirs démembrés du ban royal : comtes, châtelains), mais aussi on y rencontre les descendants d'alleutiers (dans le Midi), des hommes libres entrés en vassalité, des anciens ministres ou des artisans, des soldats issus de la paysannerie et distingués par leurs exploits.

Au XII° siècle, la chevalerie devient autre chose qu'un groupe professionnel : elle s'érige en communauté sociale et éthique, elle se moralise. "Paix de Dieu" et "Trêve de Dieu" supposent la participation active des détenteurs du ban, et en particulier des châtelains. Les chansons de geste font alors l'apologie d'une chevalerie où la prouesse est une vertu morale avant d'être une démonstration de force et d'adresse.

Louis VI se fait armé chevalier à l'insu de son père (1097). Méfiance manifesté envers un groupe professionnel hétéroclite, mais depuis, aucun roi de France n'a manqué de se faire armer chevalier.

 

 

Rituel de l'entrée en vasselage

Le vassal, tête nue et à genoux, place ses mains jointes entre celles de son seigneur pour lui prêter hommage et prononcer le serment de fidélité que vient renforcer le baiser de paix.
En retour, le seigneur lui remet solennellement un fief, symbolisé par une poignée de terre ou un gant. Dès lors, un lien personnel, familial attache les deux hommes : ils se doivent mutuellement respect, conseil et les enfants du vassal seront élevés par le seigneur.

Le rituel chevaleresque se fixe au XII° siècle. Il comprend une partie militaire (l'adoubement) et une partie religieuse (bénédiction des armes, serments).
Partie militaire : elle est significative de la cooptation et de l'initiation à travers une reconnaissance des aptitudes.
Partie religieuse : elle traduit la christianisation de l'institution par une église désireuse de conforter sa mainmise sur la société et ses institutions de paix. Cela concourt à donner à l'ordre chevaleresque les bases de sa fonction éthique.

Dès le XIII° siècle, une tendance à l'hérédité se manifeste.
Le fils du chevalier (miles) est écuyer (scutifer), ce qui affirme son aptitude. Même, le simple écuyer est tenu pour noble, et même si, faute de capacité physique ou économique, il ne se fait jamais recevoir chevalier.

 

 

Devoirs du vassal

La chevauchée.
C'est le service militaire dû par le vassal hors de la seigneurie de son seigneur, soit pour une rapide expédition, soit pour un voyage appelant une escorte. Cette forme d'aide est limitée par les coutumes à 40 jours.
Le cas le plus célèbre est celui du comte de Champagne Thibaut IV qui, sa quarantaine finie, abandonne en 1226 la chevauchée royale pendant le siège d'Avignon.
Une telle coutume rend vaine une expédition un peu lointaine (le temps d'opération étant ramené à peu de choses par les délais de la route). De plus en plus, on voit les vassaux rester en service, mais bénéficier à partir de ce moment d'une rémunération.
Au XIII° siècle, la coutume ne permet aux vassaux de refuser que s'il s'agit de sortir du royaume.
Dès le XI° siècle, mais surtout à partir du XIII°, on en vient aussi à solder pendant toute l'expédition les chevaliers les moins fortunés.

L'ost, qui est un moyen de défense de la seigneurie, a une durée illimitée, puisque le vassal ne saurait mesurer son aide au seigneur en danger.

 

                               

Les Chevaliers

 

 

Au coeur du système féodal, les chevaliers, soldats-vassaux, qui, parce qu'ils pratiquent le métier des armes, signe de leur supériorité, jouissent d'un prestige de plus en plus grand. Ils s'érigent en caste, en confrérie dotée ainsi d'une fusion entre la notion de noblesse et celle de chevalerie.

Si tout noble n'est pas chevalier,
tout chevalier passe pour noble

A la fin du XII° siècle, les nobles jugent avantageux de se dire chevalier. Au XIII° siècle, le chevalier l'emporte sur le simple noble. Le bouleversement des mentalités se manifeste dans les appellations. Simple qualificatif précisant une aptitude vers l'an mil, le mot chevalier (miles) est énoncé à partir des années 1030 comme un titre significatif d'une particulière honorabilité. L'usage ne devient systématique qu'au siècle suivant.

Le métier des armes exige que l'on soit libre, et riche surtout pour pouvoir acquérir un heaume, un haubert, un ou deux destrier. Mais il ne suffit pas de posséder des biens, il faut également consacrer beaucoup de temps à la préparation militaire, s'entraîner sans relâche dans de furieux et sanglants tournois.
Tout chevalier digne de ce nom doit, pour soutenir cet entraînement, posséder de grandes qualités et en fournir la preuve publique : ce sont les cérémonies de l'adoubement ou l'impétrant, un adolescent parvenu à l'âge d'homme, est armé par un chevalier de renom et jugé dans des exercices sportifs par ses futurs pairs.

L'église intervient très tôt dans la cérémonie de l'adoubement en la sacralisant, bénissant les armes du chevalier et exigeant de lui qu'il jure de consacrer son épée au service de dieu et à la défense de la justice.